Trump et la droite alternative: l’extrême droite à l’européenne ?

Ne devrait-on pas parler d’extrême droite pour qualifier le mouvement populiste de Donald Trump ? Il ne serait pas exagéré de le faire, considérant le refus du milliardaire de désavouer David Duke, ex-Grand Sorcier du Ku Klux Klan et candidat aux sénatoriales de Louisiane. Son nativisme, son appétence pour les théories du complot, ses attaques répétées contre les musulmans américains, … Les raisons ne manquent pas.

Sans s’attarder sur cette question, ­— On pourrait considérer que la campagne de Donald Trump dévie en donant dans la xénophobie, le nationalisme et nombre d’éléments constitutifs de la plupart des définitions communément admises de l’expression “extrême droite”. — il est utile de s’intéresser à l’association du miliardaire new-yorkais avec la Alt Right ou droite alternative. Un rapprochement confirmé par l’embauche récente de son représentant le plus médiatisé, Steve Bannon, directeur du site d’information conservateur Breibart. Lire la suite

Qui est Mike Pence le colistier de Donald Trump ?

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Donald Trump a reporté l’annonce de son colistier ce vendredi suite à l’attaque de Nice. Son choix s’est porté sur l’actuel gouverneur de l’Indiana, Mike Pence.

Mike Pence est un homme discret au profil très conservateur qui a commencé sa carrière en tant qu’animateur radio d’un talk show conservateur.

– Que gagne Trump en choisissant Mike Pence ?

Il est tout ce que Trump n’est pas et c’est précisément ce qui en fait un bon choix comme colistier, c’est-à-dire un vice-président potentiel qui va faire campagne avec lui. Il est important de choisir quelqu’un qui de par son caractère, son profil politique et son ancrage géographique, est en mesure d’équilibrer le ticket et de combler les lacunes du candidat en touchant un électorat que le candidat a du mal à atteindre. Lire la suite

La vraie révolution de Donald Trump : tourner le dos au libéralisme économique de Ronald Reagan

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« Je vous le promets, en ce qui concerne l’emploi, je serai le plus grand président que Dieu ait jamais créé ! » « On ramènera les emplois de Chine et du Mexique. » Voilà bientôt un an que Donald Trump répète le même refrain, depuis l’annonce de sa candidature à la présidence des Etats-Unis l’été dernier.

Et si, au-delà du racisme et de l’entertainment politico-médiatique, le succès inattendu de l’homme à la mèche blonde trouvait son explication dans le simple fait qu’il tient le bon discours sur l’économie, aussi simpliste soit-il ?

Trump N°1 sur l’emploi

Au début du mois de mars, six électeurs républicains sur dix pensaient que Donald Trump était le plus apte en matière d’économie ou d’emploi. Marco Rubio et Ted Cruz ne franchissaient pas la barre des vingt pour cent. L’homme d’affaires a depuis défait ses adversaires, et lorsque l’on interroge les Américains sur ce sujet aujourd’hui, Donald Trump bat Hillary Clinton de douze points. Lire la suite

Hillary Clinton peut faire une croix sur les Appalaches

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Bernie Sanders vient de remporter la Virginie Occidentale et il s’emparera peut-être du Kentucky la semaine prochaine. Ces deux États ont pourtant voté pour Bill Clinton en 92 et 96. Ils ont également soutenu l’ex-Première dame contre Obama durant la primaire démocrate de 2008.

Les Appalaches s’étendent du Sud de l’Etat de New York au Nord de l’Alabama. C’est une région qui a vu l’industrie minière décliner depuis des décennies. Dans ce contexte le discours pro-énergies renouvelables de l’ex-Secrétaire d’État n’est pas franchement le bienvenu. Hillary paye cher sa déclaration malheureuse faite en mars sur CNN: “Je mettrai les mineurs et l’industrie du charbon au chômage.” Une gaffe énorme qui risque de la poursuivre pendant toute la campagne présidentielle. Lire la suite

Trump à l’assaut de la Rust Belt

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Comme suite fortuite à mon article sur Trump et sa rhétorique anti-délocalisations, les experts en mathématiques électorales annoncent cette semaine que la clé pour Trump, celle qui lui ouvrirait les portes de la Maison Blanche, sera de conquérir les Swing States de la Rust Belt (littéralement « la ceinture de la rouille »).

L’élection présidentielle américaine est indirecte. Elle se joue État par État. Chaque État, en fonction de la densité de sa population, offre un certain nombre de Grands Électeurs. Il y en a 538 en jeu. Celui qui passe la barre des 270 remporte l’élection. — NB: Il est possible de remporter le vote populaire et de perdre malgré tout l’élection. C’est ce qui est arrivé à Al Gore en 2000. — La Californie, le Texas, l’État de New York et la Floride sont les États où il y a le plus de Grands Électeurs en jeu. 55 pour la Californie étant le maximum, le minimum est de trois.

Le résultat dans la plupart des États est connu d’avance. En principe (mais attention cette élection est très peu prévisible…) un État donné votera comme il a toujours voté. New York votera démocrate et le Texas votera républicain. Les États bleus resteront bleus et les États rouges resteront rouges. C’est le cas pour 31 d’entre eux (Voir l’infographie du Guardian). C’est pourquoi les candidats feront campagne dans les Swing States principalement. Faire campagne dans tous les États est une pure perte de temps et révèle une absence de stratégie.
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